Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Association Vers nous-mêmes prévention

Le syndrome du bébé secoué

Aujourd'hui un sujet de moins en moins tabou, de plus en plus au coeur de discussions mais malheureusement encore trop peu connu. Chaque année en France, on estime qu'environ 200 bébés seraient victimes de ce syndrome.

Un geste de dernier recours, de désespoir souvent, d'épuisement surement, mais UN GESTE A NE JAMAIS FAIRE

Une petite définition pour bien cerner ce que c'est : 

Le Syndrome du Bébé Secoué est un traumatisme crânien non accidentel, infligé par secouement. Le bébé est empoigné par l’adulte qui le secoue violemment pour le faire taire. Il survient essentiellement avant l’âge d’un an, surtout avant 6 mois dans le 2/3 des cas. Plus de 10% des bébés secoués meurent. 

Le secouement constitue toujours une infraction pénale puisque considéré comme un geste volontaire et de maltraitance. Les peines encourues par les parents et les personnes ayant autorité varient, en fonction des conséquences du geste : délit ou crime, de 5 ans de prison à 30 ans de réclusion criminelle.

Le SBS est favorisé par le sentiment d’impuissance des parents ou de la personne ayant en charge l’enfant. Ainsi, les pleurs de l’enfant, la colère et le manque de connaissances sur les dangers du secouement peuvent aboutir au SBS par perte de contrôle de l’adulte.

Les premiers mois avec bébé sont magiques certes, mais aussi extrêmement fatigants pour beaucoup de jeunes parents.

Les nuits courtes, les journées à rallonge, un emploi du temps calé sur les rythmes du marmaille, peu de temps pour soi, etc... La fatigue commence à prendre le dessus pour laisser place au stress, à l'énervement... On supporte de moins en moins les pleurs de son bébé, puis plus du tout, on peine à le calmer et on entre vite dans un cercle vicieux qui finit quelque fois par un drame...

Les nourrissons ressentent beaucoup notre état psychologique, alors quand vous êtes stressé, il le ressent aussi d'où, entre autre, la difficulté de pouvoir le calmer ....  Plus vous êtes dans ce genre de sentiments (énervement, tristesse, angoisse,...) plus bébé risque de pleurer. Et plus il pleure, plus vous développer vos sentiments contre lui et ainsi de suite... Les jeunes parents n'en sont même pas conscients parfois... Assez compréhensible tout ça mais il faut savoir trouver sa limite pour éviter de s'en prendre à bébé ! 

Jusqu’à l’âge de 2 ans les muscles du cou d’un bébé sont incapables d’encaisser ce genre de maltraitance, quand la tête endure des mouvements brusques ça se paye par des séquelles neurologiques et/ou physiques particulièrement graves : traumatisme crânien, cécité, œdème cérébral, épilepsie, retard mental, etc… Voire, la mort

ON RÉCAPITULE : 

Secouer peut tuer.
- Secouer peut handicaper à vie.
- Les enfants sans séquelles sont minoritaires.
- Les séquelles peuvent n’apparaître qu’à distance par défaut d’apprentissage.

- Les séquelles peuvent être «invisibles» car uniquement intellectuelles et comportementales.

Il est urgent de prendre conscience que les parents doivent être capables d’identifier la colère qui monte en eux et prendre les dispositions nécessaires pour ne pas commettre le pire.

QUAND ON SE SENT "A BOUT" : Quelques conseils du Docteur Michel Cymes

laissez le bébé dans son lit, sur le dos et de quitter la pièce. Au moins si vous ne l’avez pas dans les mains vous ne risquez pas de commettre l’irréparableCa peut sembler difficile à faire mais Il vaut mieux un bébé qui pleure en sécurité dans son lit, qu’un bébé qui pleure dans les bras d’un adulte exaspéré....

- Ensuite, il faut mettre en place des solutions d’évitement : la musique vous détend, écoutez de la musique, bouquiner vous repose, ouvrez un livre,  faites quelque chose dont vous savez pertinemment que ça vous évitera de monter dans les tours.

- Surtout, n’ayez pas honte non plus de demander de l’aide à votre conjoint, à la voisine à une amie à qui vous voulez. Dialoguez avec  son entourage désamorce la colère parce qu’il est là l’objectif : Faire retomber la pression, la colère, la soupape.

- Vous pouvez contacter la PMI ou votre médecin pour en parler

N'hésitez pas à contacter  l'association Tatiana, spécialisée sur le syndrome du bébé secoué.

 

A RETENIR : 

  • Un nourrisson peut pleurer plus de 2 heures par jour, même sans raison et parfois d’affilée. C’est son seul mode d’expression
  •  Un adulte peut en être exaspéré au point d’avoir envie de le secouer pour le faire taire
  • Le secouement peut tuer ou handicaper à vie.
  • Une seule fois peut suffire à créer des lésions dont les conséquences dureront toute la vie
  • Secouer est bien plus grave qu’une chute de table à langer
  • Jouer n’est pas secouer, on peut et on doit jouer avec son enfant, le jeu étant adapté à son âge
  • Secouer est un acte de maltraitance, une infraction pénale passible de prison
  • Le mieux, en cas d’exaspération par les pleurs, est dans l’immédiat de coucher l’enfant sur le dos, dans son lit, et de quitter la pièce.
  • Demander ensuite de l’aide à ses proches (famille, amis, voisins), appeler son médecin ou un autre professionnel de santé, contacter la PMI.
  • Oser en parler systématiquement aux personnes à qui l’on confie son enfant.

Parlez-en avec votre nounou, elle aussi pourrait connaitre ses sentiment d'impuissance face aux pleurs des enfants qu'elle garde, donc le vôtre... Le SBS ne concerne pas que les parents...

Retrouvez toutes ces mesures sur le site internet syndrome du bébé secoué.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Celine 05/10/2017 08:54

Merci pour cet article tres clair.
Par mon experience professionnelle de sage femme et de maman je rajouterai aussi que lorsque on craque face aux pleurs du bébé , il faut pas hesiter à le mettre dans un lieu en securite comme son lit, sortir de la piece et si on peut passer le relai...

VNM 05/10/2017 09:05

Merci pour cette sage précision !